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Alain Froment

Médecin et anthropologue


Zone(s) géographique(s) :

Afrique centrale et occidentale.

Mon parcours :

J'ai obtenu un doctorat en médecine puis un doctorat en anthropologie biologique.

Mon sujet d'études :

L'évolution humaine.


A propos de moi...

Pour quelle(s) raison(s) ai-je choisi ce métier ?

Parce qu'il va plus loin que la médecine.

 

J'aime :

Les gens.

 

Je n'aime pas :

L'injustice.

 

Qu'est-ce que je fais quand je ne cherche pas ?

J'apprends.

 

Si j'étais quelqu'un ou quelque chose d'autre ?

Un chat.

 

Un signe distinctif :

L'indépendance.

Posez
vos questions !


L’Homme va-t-il disparaître ?

Alain Froment

07/12/2015

La question en sous-entend une autre : l’humanité est-elle capable de s’adapter aux modifications plus ou moins hasardeuses qui sont prédites ? Pour anticiper un futur difficile à cerner, il faut se retourner vers le passé, qui nous apprend deux choses.

La première est que le climat n’est en rien un facteur stable ou stabilisable, mais au contraire un élément toujours variable. La paléoclimatologie montre que des cycles astronomiques réguliers font alterner des phases chaudes et des phases froides, et qu’actuellement nous sommes dans une période interglaciaire. A la fin de la dernière glaciation, il y a 10 000 ans, le réchauffement a été rapide et élevé (environ 7 degrés en moins de 2 siècles), et le niveau des mers s’est haussé de plusieurs dizaines de mètres. Pour autant, les populations humaines, à l’époque très peu outillées technologiquement, ont parfaitement survécu à ces changements brutaux. La survenue du Néolithique, c’est-à-dire de la domestication des plantes et de la sédentarisation des sociétés, a du reste été attribuée à ce réchauffement, dont les hommes ont su tirer parti au point de bouleverser leur destinée.

La deuxième leçon provient de notre histoire évolutive ; biologiquement, l’être humain est un primate d’origine tropicale ; la "température de neutralité thermique", c'est-à-dire où on n’a ni chaud ni froid, est de 23°C. Soit dix degrés au-dessus de la moyenne des pays tempérés ! L’Homme est donc plutôt doué pour la tiédeur. Et si, en cas de réchauffement, les maladies tropicales peuvent connaître une extension, ce sont des pathologies bien connues, comme le paludisme et les arboviroses, pour lesquelles des thérapies ou des espoirs de vaccins existent, que seule la pauvreté des pays d’endémie empêche d’appliquer. Quant aux accidents météorologiques (cyclones, inondations, sécheresses), ils ont un impact local mais non planétaire, et malgré leur caractère dramatique, ne menacent nullement la survie globale des Terriens.

La disparition de l’humanité dans un avenir proche est donc exclue. D’autant que l’inventivité qui la caractérise, et qui explique son succès extraordinaire, voire excessif, débouche sur des solutions techniques de plus en plus performantes. Cela ne signifie pas que le changement climatique ne déclenche pas des perturbations profondes aux conséquences lourdes. Mais celles-ci ne sont pas de nature à exterminer l’espèce humaine, dont la principale caractéristique est une adaptabilité culturelle étourdissante.

Quand il n'y aura plus d'hommes sur la Terre??

Alain Froment

07/12/2015

Même si les changements climatiques actuels ou futurs n’éliminent pas notre espèce, celle-ci n’est pas pour autant éternelle, et si elle ne disparaît pas brutalement à la suite d’un cataclysme quelconque, elle va se modifier progressivement, selon les lois de l’évolution biologique, et donc se transformer au point de devenir une nouvelle entité. Pour en estimer les délais, il faut examiner, là encore, son histoire.

Les premiers représentants du genre Homo ont entre 3 et 2 millions d’années. Et Homo sapiens, c’est-à-dire nous, les Hommes modernes, apparaît en Afrique il y a environ 200 000 ans. Au regard de l'évolution, l’humanité moderne est assez jeune. Il lui resterait, sauf catastrophe (nucléaire par exemple), encore plusieurs centaines de milliers d’années d’existence sous son aspect actuel. Délai au cours duquel l’accumulation de mutations génétiques conduira à des changements morphologiques tels qu’il faudra parler de nouvelle espèce. Ce qui ne constitue donc pas une vraie disparition, mais plutôt une transformation dont il est difficile de cerner les limites.

D’ici environ un demi-million d’années, on peut donc supposer qu’il n’y aura plus d’hommes, au sens d’Homo sapiens, sur la Terre, mais une nouvelle espèce, certes humaine, mais divergente, arborant des caractères inédits, qui dérivera directement de nous. Et bien sûr au fil des millions d’années on ne distinguera plus du tout le genre humain.

Encore faut-il remarquer qu’on se limite à décrire là le processus naturel qui régit l’évolution biologique. La difficulté est que, à la différence du reste du monde vivant, nous intervenons de plus en plus directement sur notre propre corps, et que toutes sortes de manipulations, y compris sur le génome, sont envisagées. Elles accélèreraient alors rapidement, radicalement et imprévisiblement notre évolution. Toutefois, comme pour l’implantation des diverses prothèses qui correspondent à ce qu’on appelle « l’Homme augmenté », cette accélération serait un phénomène artificiel résultant d’un geste médical qui ne toucherait qu’une fraction plus ou moins grande de la population mondiale, avec comme risque la construction d’une élite dotée de capacités supérieures la conduisant à dominer les humains ordinaires...

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